LES POÈTES
DE 7 ANS
(Improvisation
sur le texte d’Arthur RIMBAUD)
À ma
très chère maman !
Aux
femmes que j’ai aimées,
Que
j’aime et que j’aimerai...
Aux
Amis qui ne sont plus :
Pierre,
Mireille, Olivier,
Bruno,
Lady Francis...
Aussi à Michel,
Stéphane
et
Fabrizio.
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| Dans
les rets du silence, |
Muré dans
sa sinistre |
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Bulle
ensilencée... |
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| Mal être
de l’enfance... |
Où règnent
en maître |
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De
trop vagues pensées. |
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| La
raison des adultes : |
Des
rêveries plutôt, |
...Du
grand désert, |
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Laissant
l’esprit rôder... |
Où luit
la liberté ravie, |
| Des
tragédies occultes. |
Laissant à l’infini |
[Soustraite à l’envie |
| |
L’esprit
vagabonder |
Folle
de se laisser glisser |
| Seul,
perdu, le petit |
Abandonné,
perdu, |
Des
falaises d’Éole |
| |
L’enfant
au bleu regard, |
Et
de la liberté] ; |
| Connaissait
le dépit. |
Au
gré de ses mirages |
Il
s’aidait de ses ailes, |
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Et
courant du brouillard ; |
De
son imaginaire |
| Le
rejet, la tristesse... |
Venant
droit du néant, |
Pour
gravir la coupole |
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Filait
là vers l’abstrait. |
Et
atteindre l’Éther ; |
| Il
attendait l’ivresse. |
Lors,
tics noirs et manières |
Le
haut du firmament |
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Effrontées :
quelques traits, |
La
cime de la voûte... |
| Il
attendait de vivre... |
Semblaient
prouver |
Son
secret penchant |
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En
lui d’âcres hypocrisies... |
Pour
les pensées dissoutes |
| Que
son âme se livre |
Pour
distraire son ennui : |
Invariablement |
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Quelqu’obscures comédies. |
Le
poussait dans la nuit. |
| Aux
pouvoirs de la nuit ! |
De
la nuit illunée, |
Lorsque
soudain, son |
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Au
travers les fenêtres... |
Esprit
sûr —quoique maudit, |
| [Déposant
son fardeau |
Vers
les astres divins, |
sentait
fouetter le vent |
| |
Trottait doux son mal-être. |
dans
son dos d’immortel |
| Son
lit était vaisseau... |
On
le voyait là-haut, |
Sa
blanche âme d’enfant |
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Qui râlait sur la rampe, |
Le
tirait vers le ciel. |
| Il
restait étendu] |
Grimaçant
d’horreur à |
Le
tirait vers l’astral |
| |
S’en choper des crampes... |
Voyage
immobile... |
| Les
sinistres tordus, |
Il
singeait les familiers |
Au
confins de l’azur, |
| |
Du
dégoût. L’été |
Il
y trouvait asile. |
| Qui
pourrissaient son être... |
Surtout,
vaincu stupide, |
Lisière
de l’Éther, |
| |
Il était
entêté |
Devenait
enfin « Je » |
| Il
les envoyait paître ! |
À végéter
des heures |
Il
connaissait les Dieux, |
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Durant sur son trône, |
Et
tutoyait les anges, |
| Demeurait
maître à bord |
—Ce
cloaque infâme, |
[Fréquentait
les voyous, |
| |
Puant, vraiment la zone ! |
Il
draguait les putains] |
| Des
nuages accores, |
Il
pensait là, tranquille, |
Parfois
même, avant |
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Aux étoiles qui traçaient |
L’aube
du petit matin, |
| Des
zébrures du tonnerre, |
Par
de-là la glauque |
Des
Muses égéries |
| |
Courette
et le jardinet, |
Du
mont de l’Hélicon, |
| Et
des reflets lunaires... |
Chapelle
des Affligés |
Euterpe, Érato, |
| |
aux Ruines de Villers... |
suivantes
d’Apollon |
| Des
caresses du zéphyr |
[L’ impératrice de Chine |
—Divin
fils de Léto— |
| |
Et
le roi de Perse |
Venaient
s’entretenir |
| Des
assauts du désir, |
Sont
des chattes en chaleur |
Des
trépas du passé, |
| |
Qui convulsent au plaisir. |
De
l’amour à venir, |
| Des
marées océanes |
Ça
hurle, ça couine et |
Des
chagrins du présent... |
| Et
des Chants de Savane. |
Ça
fornique tout à loisir !] |
Il
sortait du néant. |
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|
Pitié !
Ces enfants seuls étaient ses familiers
Qui,
en tricots pourris, des trous dans leurs souliers,
Puant,
crados, dégueu, gisaient là dans la fange...
Aux
tronches de monstres hideux, aux faciès d’archanges...
Traînant
là leurs guenilles, ces délicats marmots
Conversaient
avec la douceur des idiots !
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| Pour
distraire son ennui, |
En sept ans, il faisait |
Ses doigts sur le
clavier, |
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des romans sur la vie |
Laissait l’Esprit
rôder... |
| Et
faire taire le bruit |
Du
grand désert, |
Choisir
l’itinéraire |
| |
où luit
la liberté ravie, |
—Par
de-là les déserts |
| De
ses songes, le fruit |
Forêt,
soleil, rives, |
Désirs
récidives, |
| |
savanes
! —Il s’aidait |
Que
son âme revive ! |
| Des
souvenirs d’antan. |
De
son imaginaire |
Que
son cœur rappelle |
| |
où,
triste, il désirait |
Les
déesses immortelles ! |
| Désir
d’amour... Aman ! |
Des Égéennes
et |
Au
pouvoir insensé... |
| |
d’authentiques mères. |
—Ô délicats
pensers ! |
| Les
femmes de jadis |
À jamais,
son cœur |
[Pour
toujours son esprit |
| |
las
s’en finissait amer. |
amerrissait
transit] |
| Au
parfum d’adonis... |
Ces
maîtresses de l’amitié |
Merveille
des sentiments |
| |
n’avaient de cesse |
langoureux
des amants |
| Douce
divinité |
Lui
donner des coups... |
Expertes
en caresses, |
| |
—Ô sublimes
déesses ! |
Exploitant
ses faiblesses, |
| De
l’infidélité |
De
reins, d’abyssales |
Ces
reines du plaisir |
| |
marées,
plaisirs mâtins... |
Aimaient
tout à loisir... |
| De
l’ici maintenant, |
Au
sourire vertical |
Monstres
de liberté |
| |
—misérables
catins ! |
De
bonheur alité... |
| Se
donnaient à tous vents. |
Qui
lui faisaient verser |
Il
leur rendait hommage, |
| |
mille
torrents de larmes... |
De
n’être point trop sages... |
| Et
laissaient libre cours |
Son âme
aux orties |
Car
elles n’avaient pas peur |
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contre
un peu de leurs charmes. |
de
ressembler aux fleurs ! |
| À l’authentique
amour. |
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Il
avait en horreur de servir la messe
Où,
en robe vêtu, il serrait les fesses !
(Et
trouvait dégueulasse le vin blanc du curé)
[Quelques
désirs secrets commençaient d’arpenter
Son
manche en bois lustré, lorsque venait le soir.]
Il
n’aimait pas Dieu ; mais les hommes d’espoir
Maîtres
de leurs destins, ceux-là qui sont debout...
Ou
la tronche dans le caniveau, même les fous !
Quand
les crieurs, en trois roulements de batterie,
—Le
Steph au Kaai ; maître de l’harmonie !
Michel
et Fabrizio
[49]
, véritables pygmées !
—N’ont
pas fini, je le sais, de nous faire rêver !—
Font
autour des édits, rire et gronder les foules.
—Il
rêvait la prairie amoureuse, où des houles
Lumineuses,
parfums sains, pubescence d’or,
Font
leur remuement calme et prennent leur essor !
Et
comme il survivait enfermé dans sa nuit,
Quand
dans sa tôle obscure, son sinistre réduit,
Et
par l’âcre fumée... De nostalgie, mité
Il
lisait son roman
[50]
sans cesse médité :
Plein
de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,
De
fleurs de chair aux bois sidérals déployées,
Vertige, écroulements,
déroutes et pitié !
Tandis
que se faisait la rumeur du quartier,
En
bas, —seul, et couché sur des pièces
de toile
Ecrue,
et pressentant violemment la voile !
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Liège,
Février
2003 |
[49]
Stéphane Galland, Michel Hatzigeorgiou,
Fabrizio Cassol... Aka Moon !
[50]
de l’Ancre à l’Arbre
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